À qui appartiennent les « followers »?

Le web 2.0 et les médias sociaux ont ce côté relationnel, de proximité que l’on crée avec un certain public, que ce soit des relations (LinkedIn), amis ou fans (Facebook, MySpace), abonnés (les blogues, Twitter), connaissances et aussi des inconnus(!). Ces réseaux, d’abord créés pour relier des individus entre eux ou par champs d’intérêt, ont vu des entreprises et organisations s’y intégrer, s’immiscer tranquillement, mais sûrement.

Des individus et personnalités plus ou moins publiques ont créé une communauté autour de ce qu’ils sont, de leurs pensées, de leur philosophie, de leur façon de voir les choses.

Il y a un an, j’ai eu cette réflexion avec Patrice-Guy Martin, qui a quitté son poste de rédacteur en chef de Direction Informatique pour joindre les rangs du Réseau ACTION TI à titre de Président directeur général. En changeant de milieu de travail, il amenait avec lui tout son réseau, notamment les lecteurs de son blogue et ses followers sur Twitter. À qui appartiennent-ils? À Direction Informatique, à lui ou au Réseau?

Patrice-Guy et moi avons souvent eu des discussions à ce sujet. Nous avons salué l’astuce de Bruno Guglielminetti qui, préparant sans doute son départ de Radio-Canada – et du coup des populaires Carnets technos – vers National, proposait à ses nouveaux abonnés Twitter de le suivre également sur son autre identité, personnelle cette fois. Les deux communautés étaient construites, avec des énoncés différents, les propos traitant cependant toujours de technologie, selon l’actualité du moment. Vous me direz que les Carnets technos étaient Bruno et vice-versa, vous avez sans doute raison.

Le cas de Triplex

Hier, nous avons eu l’annonce de la création du nouveau blogue Triplex de Radio-Canada animés par Laurent Lasalle, Gina Desjardins et Philippe Marcoux. J’ai eu la nouvelle directement de l’usager @rctriplex sur Twitter. Je me suis demandé comment se faisait-il que j’étais abonnée à ce compte lorsque j’ai constaté que c’était l’ancien compte de RCTechno. Nous pouvons constater dans ce cas présent que ce compte semble bien être la propriété de Radio-Canada. Comme l’a dit positivement l’ami @GabQC, ils sont chanceux d’hériter d’un compte avec 8 000 abonnés! Ce qui, à mon avis, est une bonne chose et permet de tirer profit d’une belle visibilité, avec un public captif car la nature du compte garde son thème, à la limite son intégrité. Et je ne crois pas que les abonnés se sentent floués par les nouveaux individus derrière ce compte.

Ce sujet de la détention du compte a aussi été soulevé lors du premier ContenuCamp organisé par YulContenu (@yulcontenu) réunissant des gestionnaires de communauté. Maintenant que ce nouveau métier semble prendre de plus en plus d’ampleur, de quelle façon les organisations gèreront-elles la relation avec leur communauté avant, pendant et après la présence du gestionnaire l’ayant créée et entretenue? J’y reviendrai prochainement, je prépare un billet à ce sujet…

Et dans le vrai monde?

J’essaie souvent de faire le parallèle du web 2.o avec « la vraie vie ». Cette situation n’est pas nouvelle. Lorsqu’un vendeur quitte une entreprise, il part avec ses contacts, ses clients, son réseau, malgré les clauses de non-concurrence. Même chose avec les coiffeuses, entre autres!

Ce que l’on constate finalement, c’est que son identité, qu’elle soit numérique ou non, est teintée de notre personnalité. Certains s’en tiennent à une ligne éditoriale définie, d’autres bifurquent de temps à autre et plusieurs n’en possèdent tout simplement pas. Dans un cas comme dans l’autre, le « comportement virtuel » doit correspondre à l’objectif et aux intentions fixés. Et à travers toute cette cohorte d’abonnés, fans, relations, lecteurs, amis, connaissances et purs inconnus, l’important dans la relation que l’on entretient avec eux, c’est de rester authentique, car l’authenticité demeurera que ce soit dans une relation virtuelle ou non…

15 réflexions sur “À qui appartiennent les « followers »?

  1. Pingback: Twitted by cheznadia

  2. Bonjour Marika,

    Bizarre de voir que je fais jurisprudence avec ma décision de ne pas «emporter» mon compte et ses abonnés avec moi hors de Radio-Canada. Il y a effectivement une question intéressante à soulever et j’ai décidé à l’époque d’emprunter un autre chemin où tous sortaient gagnant selon moi. À ce sujet, j’ai fait un commentaire ce matin sur mon carnet : http://wp.me/pIuUU-9C

    Cordialement,

    Bruno G.

    • Bonjour Bruno,
      C’est une question dont plusieurs d’entre nous discutons régulièrement, j’en suis certaine. Je crois que l’influence, la réputation et la notoriété que vous détenez permettent justement de faire jurisprudence. Merci pour votre support. Je relaie votre billet à mon tour!

  3. Pingback: Twitted by MichelleBlanc

  4. Merci pour ce bel exposé sur la question d’appartenance des followers. Néanmoins, juste un petit commentaire : une bonne compagnie n’est pas la compagnie d’une seule personne. Malgré le départ d’un élément clef, celle-ci a le pouvoir de continuer à effectuer du bon travail. Les followers seront donc enclins à suivre la personne qui part EN PLUS de la compagnie (et c’est surement le cas du Carnet Techno).

    • Je suis d’accord avec l’idée qu’une compagnie n’est pas un individu et vice-versa. Je pense cependant que dans une relation avec une communauté professionnelle, les propos sont souvent teintés de la personnalité du gestionnaire de communauté, qui donne une couleur à l’image de l’organisation. L’humain étant ce qu’il est, on adhère souvent à une marque parce qu’on apprécie son porteur… A suivre! Merci du commentaire!

      • Mais son représentant porte les lignes directives d’une entreprise, et c’est la ligne directrice qui est la plus intéressante (le contenu et non le contenant).

    • Bonjour Nellie,
      J’étais à la première édition, je serai certainement présente aux prochaines! Je suis déjà « membre » sur Facebook et je suis les nouvelles avec intérêt.
      Au plaisir de nous rencontrer mutuellement « en vrai ».🙂

  5. Excellent billet Marika! En même temps, je découvre ton blogue! C’est un sujet important dans la gestion de communautés. Une très bonne réflexion que l’on se pose souvent lorsque le gestionnaire s’en va. Néanmoins, c’est intéressant. Lorsque je suis arrivé chez Vortex Solution, on m’a souvent dit, ah, on peut maintenant donner un visage « réseaux sociaux » à l’entreprise. Pourtant, elle existe depuis 11 ans. On teinte l’entreprise par notre personnalité, etc. Je n’ai pas de réponse à ta question, mais ça fait beaucoup réfléchir!

    Nellie! J’ai bien hâte à la prochaine édition du ContenuCamp!😉

    • Merci de tes commentaires. Pour ton info, mon blogue est nouveau, en fait j’avais fermé le mien il y a plus d’un an pour des problèmes moraux de gestion de mon identité numérique car il était surtout personnel, c’était un blogue d’humeur…

      Je crois qu’il n’y a pas de réponses toute faites. C,est à nous tous de construire. À voir dans les prochaines années quelle aura été la portée des médias sociaux dans nos organisations…

      On se revoit au prochain ContenuCamp!

  6. C’est toute la question du «brand», de la notoriété personnelle vs la marque d’entreprise dont on discute (aussi) ici. D’où la nécessité d’avoir des canaux différents et distincts, à mon avis.
    À l’époque où j’étais à Direction informatique, j’avais créé sur Twitter mon canal personnel mais aussi le canal officiel du magazine (@DirectionInfo). Deux entités distinctes qui se croisent souvent, mais peuvent se décroiser plus facilement, parce qu’indépendants. Idem au Réseau Action TI qui possède aussi son propre canal sur toutes les plates-formes (@actionTI – page Facebook – canal YouTube – etc.)
    C’est plus compliqué avec de petites équipes d’animer tous ces canaux, surtout si on veut que chacun, y compris son canal personnel, possède sa personnalité propre.
    Il ne faut pas confondre l’individu et l’organisation, c’est vrai.
    Cependant, surtout quand on occupe un poste de visibilité, de porte-parole officiel d’une organisation, on ne cesse pas de l’être quand on publie sur son canal personnel. On demeure le rédac chef ou le PDG. Il faut y penser chaque fois qu’on publie quelque chose: c’est aussi dans ce sens que notre personnalité teinte l’image de l’entreprise. Il ne faut pas que notre image personnelle porte atteinte à celle de notre organisation. C’est un risque à gérer pour l’organisation (et pour l’individu aussi). D’où certaines politiques d’utilisation des réseaux sociaux mises en place par diverses organisations qui édictent des règles très claires à cet effet. On voit généralement très clairement la trame qui dénote d’un souci du risque de réputation.
    Beau sujet à discuter en tout cas!

    PGM

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