QR Code : Mode passagère ou phénomène en croissance?

Nous apercevons de plus en plus régulièrement des Codes QR sur des affiches, médias imprimés, flyers, etc. La campagne électorale fédérale qui bat son plein n’y échappe pas. Chaque affiche de candidat libéral possède son Code QR. Utilisation pas toujours judicieuse, nous le verrons plus loin. Mais tout d’abord, qu’est-ce qu’un Code QR?

Petit historique du Code QR

Une lecture rapide sur Wikipedia nous indique que le Code QR est un « code-barres en deux dimensions  constitué de modules noirs disposés dans un carré à fond blanc. Le nom QR est l’acronyme de l’anglais Quick Response, car son contenu de données peut être décodé rapidement. […] Le QR Code a été inventé par l’entreprise japonaise Denso-Wave en 1994 pour le suivi des pièces de voiture dans les usines de Toyota. » Pour décrypter un Code QR, il faut un lecteur de Code QR. Plusieurs applications mobiles existent, dont ScanLife. Lorsque le Code QR est lu, l’utilisateur est alors dirigé généralement vers un site web.

Je suis étonnée de constater que ce petit carré existe depuis 16 ans. Il y a à peine quatre ans que j’en constate l’existence, dans une utilisation « grand public ». Ce qui expliquerait sa démocratisation, c’est à mon avis le fait que les téléphones intelligents soient de plus en plus répandus. Je suis par contre heureuse de lire la partie de l’article sur l’usage du Code QR dans l’art. Il y a aussi cet album Flickr que j’ai déniché sur le Web.

Utiliser le Code QR dans un contexte d’affaires

Pour quelqu’un comme moi qui ai travaillé et travaille encore avec l’imprimé, je vois dans l’utilisation de Code QR un vent de fraîcheur pour cette industrie. Là où l’imprimé se limitait à un contenu réduit, le code QR permet d’en savoir plus sur le sujet dont il est question, d’avoir du contenu à valeur ajoutée. L’affiche, le dépliant ou autre publication devient donc un support intéressant pour cette « nouvelle » technologie. En plus de tout l’attrait de la nouveauté.

Un impératif cependant. Comme la lecture d’un Code QR se fait généralement par le biais d’un téléphone intelligent, en contexte de mobilité donc, il me semble primordial que le contenu vers lequel il dirige soit une plate-forme mobile. Que le contenu auquel il fait référence puisse être consulté sur le champ, parce que nous sommes en mobilité justement. Mettre un Code QR sur une publication imprimée, sans respecter ce principe de base, est à mon avis une insulte à l’intelligence de l’utilisateur. Il ne suffit pas de mettre un petit carré à motif dans son annonce pour démontrer qu’on est « tendance », il faut pouvoir livrer la marchandise adéquatement.

L’ami @ThomaDaneau a rédigé un billet sur le blogue d’Adviso à ce sujet : Trois points pour réussir l’intégration de QR Codes dans sa stratégie marketing. Il y précise le Comment, Pourquoi et Où intégrer un QR Code avec quelques exemples d’utilisation.

Le « fail » du moment : les affiches des Libéraux et autres mauvaises utilisations

J’ai fait un sondage rapide sur Twitter parmi mes abonnés à savoir quelles étaient selon eux les bonnes et mauvaises utilisations de Code QR. Tous ceux qui m’ont répondu par la négative, m’ont mentionné ces affiches. Pour notre plaisir, je vous glisse ici quelques photos, avec commentaires.

Pancarte électorale avec QR Code

Ici, nous avons un exemple typique de mauvaise utilisation : affiche inaccessible physiquement, rendant la lecture impossible. Et quand l’affiche peut être scannée, le lien vers lequel le code QR renvoie n’est pas un site mobile. Double fail.

Mauvaise utilisation de Code QR

Justin Trudeau est un politicien qui présente une image jeune, accessible. Belle gueule, il peut se permettre de s’afficher en aussi gros plan sur le quai du métro! Là réside le fail. Il n’y a pas de signal au métro St-Michel. Impossible donc d’accéder à son site web!

Utilisation mitigée d'un code QR

Ici, ce n’est pas nécessairement un fail de placement. Le code est accessible, le support sur lequel il est imprimé peut être facilement manipulé. Là où ça me laisse mitigée, c’est plutôt le produit. Ficello s’adresse aux enfants, dont la majorité ne possède pas d’appareil pouvant lire ces codes.

Mauvaise utilisation d'un code QR

Un de mes fails préférés. Cette bannière de 5 mètres est suspendue au plafond du couloir reliant le métro Édouard-Montpetit au CEPSUM. Pas besoin d’en dire plus. L’échelle est-elle fournie ?

.

Bonnes utilisations de QR Codes

Heureusement, il existe de bonnes utilisations.

Carte d’affaires de Evens Sheehy


@EvensSheehy
, conseiller marketing, m’a fait parvenir une photo de sa carte professionnelle où il a intégré un Code QR. J’avais déjà eu une discussion sur le fil à ce sujet, plusieurs en voyaient un avantage. Je partage aussi, et je dois avouer que lorsque tu travailles en technologie ou dans les médias sociaux, s’identifier avec un Code QR démontre une certaine crédibilité, du moins dans le fait de connaître les tendances. Plusieurs personnes l’utilisent déjà pour s’identifier, sur leur carte professionnelle, sur leur CV, comme image de profil Facebook (quoique je n’ai jamais essayé si ça fonctionne vraiment), .

Il faut dire que malgré la forte présence des affiches électorales qui nous laissent croire à une mauvaise compréhension, la majorité des utilisations respectent les principes de base.

@QRBoy, un « twitteux » aguerri qui semble surveiller ce qui se dit sur le QR Code, a gentiment répondu à mon appel à tous en me faisant parvenir des bons exemples d’utilisation, autant dans leur esthétisme que dans leur portée. Vous en trouverez plusieurs exemples, ici dans un contexte marketing et une série artistique ici. Il y a ma foi des utilisations fort originales! Comme cet exemple d’un QR Code imprimé dans une assiette qui renvoie sur le site web du restaurant (malheureusement un site non-mobile, mais l’idée est bonne) ou encore un code QR pour finalement trouver Charlie!

Des possibilités multiples

Je vois l’utilisation du QR Code dans des situations variées : dans les musées où on pourrait accéder à l’information portant sur l’oeuvre (audio, vidéo ou écrite), au Jardin Botanique où on pourrait facilement en apprendre davantage sur l’espèce végétale dont il est question, au marché (traçabilité du produit, informations nutritives), en événementiel (identification de participants, aspect ludique, maximisation des commanditaires) aux arrêts d’autobus (horaires en temps réel), sur des billets de spectacle (télécharger la musique de l’artiste en prestation, contenu exclusif réservé aux spectateurs), dans la ville (données historiques, politiques, touristiques), les exemples sont nombreux.

Je n’ai pas eu la chance de vivre l’expérience de Paris Désordres Publics, du collectif Raspouteam où des plaquettes de céramique ont été dispersées dans la ville pour témoigner des différents désordres qu’a vécu Paris au fil de son histoire dont Mai ’68.

La règle de base à respecter dans l’utilisation d’un QR Code est simple : accessibilité. Facile d’accès physiquement, accessible en mode mobile, accès à du contenu exclusif parfois, accès développé pour tous les environnements (IPhone, IPod, IPad, Blackberry, Androïd).

Et vous, pensez-vous que le QR Code est un feu de paille?

——————

Ajout 17 mai 2011

Voici un excellent billet, concis, avec exemple à l’appui : Les 10 règles d’or pour réussir sa campagne avec les QR codes :  http://bit.ly/iMqGRX

16 réflexions sur “QR Code : Mode passagère ou phénomène en croissance?

  1. La technologie pour reconnaitre les images est déjà là. Le code QR devrait donc très bientôt disparaitre, surtout que ce n’est pas très joli.
    Je crois qu’en 2012, on va trouver que c’est tellement out…

    • Bonjour Maxime,
      Une réponse rapide à ta vision négative sur l’avenir du QR Code : n’oublie pas que le QR Code répond à une volonté d’Open Source et d’universalité. Si tu as un décodeur de code 2D, tu peux lire n’importe quel QR code.

      Le principe de la reconnaissance d’image est tout autre puisqu’il oblige à entrer dans une logique de marque. Eh oui, car la reconnaissance d’image fonctionne grâce à la comparaison de bases de données. Si cette bdd appartient à une marque, tu ne pourras y accéder qu’avec le lecteur de la marque en question…D’où une expérience décevante si tu n’as pas le bon lecteur. Pas très Open tout ça…Et puis comment savoir qu’une image est signifiante si elle ne porte pas un petit logo quelque part? Bref, si la reconnaissance d’image est parfaitement adaptée dans certains cas, elle est loin d’être la panacée!
      Et les QR code (qui, au passage, peuvent être tout autre chose que de simples carrés noir et blancs, regarde ici : http://www.setjapan.com/qrcode/hallucination-records-qr-code/?lang=en) ne sont pas prêts de disparaître.
      Je parie qu’on en verra encore beaucoup de très pertinents en 2012 car nous n’en sommes qu’au début des usages et il y a encore de belles choses à faire avec😉

      • Je suis d’accord pour les bases de données et les marques. On verra dans les mois à venir comment ça se passe avec la reconnaissance des logos (je pense par exemple à l’application Google). Il faudra bien repenser le code QR pour leur intégration, surtout quand je vois le massacre graphique de l’affiche de Frisson 4 dans le métro…
        À moins qu’un client insiste (ou même me menace), je vais toujours tenter de lui proposer une meilleure stratégie.
        La reconnaissance d’images n’a pas nécessairement besoin de reconnaitre une «image». C’est aussi une façon de reconnaitre du texte.
        On s’en reparle en 2012!😉

  2. Pingback: MARIANIK » Blog Archive LE CODE QR => une tendance qui devrait exploser en 2011! | MARIANIK

  3. L’utilisation des QR codes ne sera pas un feu de paille, puisque l’explosion des « smartphones » sur les marchés permet une plus grande variété d’appareil pouvant lire ces codes. Bien que certaines stratégies sont lancées sans vraiment avoir réfléchi à l’accessibilité des codes ou à la destination de celui-ci, certaines entreprises se démarque. Je pense ici à NouveoLive.com qui est un nouveau réseau social qui permet aux travailleurs autonomes et aux PME québécoises de se créer un profil d’entreprise et de générer des codes QR reliés à leur profil, à leurs offre d’emploi, leurs événements,… C’est intéressant, mais encore en construction (version Beta)!

    Merci!

  4. Bons points. Les exemples de l’article sont intéressants et montrent bien que l’emplacement des codes est important. Un de nos clients (dans un contexte B2B) a choisi d’ajouter un code QR sur son kiosque d’exposition. Comme il est dans un domaine technologique, la plupart des visiteurs de salons ont des téléphones intelligents et le code est visible et facile à scanner.La page d’arrivée est spécialement adaptée à l’événement (et au mobile naturellement) il est donc facile de mesurer le nombre d’accès. On constate qu’il y a encore peu de personnes qui ont le réflexe QR, mais dans un salon on peut inciter les visiteurs à l’utiliser et c’est apprécié. Il est normal que certaines utilisations soient moins efficaces dans les débuts d’une technologie mais l’usage va augmenter dans les prochains mois quand annonceurs et utilisateurs vont mieux comprendre et maîtriser la chose.

  5. Super article. En réponse au commentaire sur le fait que les QRcodes seront out en 2012, j’ai un avis contraire. Il est vrai que la reconnaissance d’image est une alternative pertinente mais elle est (et sera encore) limitée par les lecteurs propriétaires. Chaque banque d’images demande un lecteur spécifique là où le QRcode est un standard international lu par tous les lecteurs du marché. La vraie alternative sera à mon avis la techno NFC. Mais là encore, je ne pense pas qu’elle remplace complètement le QRcode, pour les campagnes print par exemple. Mais tout ça n’est que prospective… les QRcodes ne sont pas tous môches, bien au contraire : la personnalisation des QRcodes laissent aux créatifs, designers, artistes.. de vrais terrains d’expression. Encore bravo pour l’article (et merci pour la mention🙂

  6. En tant que travailleur dans le domaine de l’affichage, je ferai remarquer que les affiches et pancartes donnés en exemple (sauf la bannière à la station E Montpetit) sont imprimées en série pour toute sortes d’utilisations, pour une question de gestion et de coordination de stocks, ce serait un peu inutile d’imprimer deux types d’affiche. Il est donc normal que certaines soient mal placées ou inaccessibles.
    Je pose une autre question : il y a t-il vraiment des gens qui vont scanner des QR de candidats à l’élection ? Je pense que ces codes sont utilisés dans un domaine spécifique tel que les communications ou dans le cadre d’un concours par exemple où l’utilisateur ne peut attendre.
    Les électeurs prendront le temps de visiter le site web de son candidat à tête reposée. Je pense que les codes QR sur les affiches électorales c’est juste pour faire jeune et branché…

  7. Les feux de paille, comme les petites rivières font de grand fleuves, font de grand feux. Je pense que c’est l’avenir et que ces codes vont inonder notre vie quotidienne, l’information maintenant est omniprésente grâce à internet, ce n’est que le prolongement de ce nouvel outil aux possibilités inouïes ! Merci pour ce très bel article bien documenté !

  8. Wow! Je ne pensais pas susciter autant d’intérêt! Merci à tous de la générosité de vos commentaires. Je constate donc que ce « phénomène » des QR Code soulève les passions et l’engouement… Nous verrons bien ce que l’avenir leur réserve… et nous réserve! Restons à l’affût!

  9. Pour moi le QR code répond à un besoin de simplification au même titre que les shortlinks. C’est une bonne façon de véhiculer une adresse précise, et pouvant parfois être complexe à retenir, par l’attrait d’une action simple et tendance.

  10. Tout le monde a parlé de reconnaissance de l’image, vous pensez quoi de la réalité augmentée? Le QR Code est pratique pour un journal ou un magazine où il suffit de passer son décodeur pour obtenir l’info complémentaire. Mais une application de réalité augmentée n’offre t-elle pas plus?

    Prenons l’exemple des élections fédérales 2011 : si un parti politique avait eu la brillante idée de sortir une app de réalité augmentée et qu’en vous promenant dans les rues il aurait suffit d’avoir son appareil à la main pour obtenir des informations en passant devant une pancarte électorale? Bon, il est est vrai que l’argent des pauvres contribuable aurait été dépensé en double juste pour avoir répertorié celles-ci dans une base de données. Je suis peut-être dans le champ, mais ce genre de technologie est-elle complémentaire au QR Code ou une éventuelle remplaçante?

  11. Je suis épaté par le scepticisme de certains !

    Je rappellerai juste quelques points :
    – Le QR Code existe depuis 1994 !
    – Il est sous licence libre (Depuis 1999)
    – Une association de téléopérateur français, que je n’ai pas besoin de cité, ont flairé le filons et on décidé d’en faire une marque avec leur propre cryptage … plus connu sous le nom de Flash Code (fichu capitaliste)
    – Pepsi, Ralph Lauren, Toyota, Audi, Honda, Gucci, la ville De Bordeaux, Nancy, plus récemment les équipementier des maillots de foot de Can et Montpellier l’on adopté

    Alors je ne dit pas que c’est LA Techno du siècle mais laissez moi douter du feu de paille !

    Enjoy🙂

  12. Pingback: Mini-essai #2. Contrepied de Tommy Bernier- http://tommybernier.wordpress.com/2011/05/29/mini-essai-1-les-codes-qr-lart-de-diriger-ses-cibles/ « Changements technos et autres agréments

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