Ah! Facebook, mon amour…

Voilà, telle une vraie fille, tu m’annonces aujourd’hui que ça fait maintenant 4 ans que nous nous fréquentons. Je ne me rappelais plus de la date exacte, mais toi, si. Je me souviens de nos débuts par contre. Je me souviens que c’est Marc qui nous a présentés. Il disait de toi que tu étais celui trendy, bien apprécié des créatifs, que tu serais mon genre…

Les premiers mois…

Au début, je te découvrais tout doucement. Tu ne parlais que l’anglais, mais c’était charmant. Tu aurais amplement le temps d’apprendre ma langue, je t’en glisserai des mots à l’oreille tous les jours. Je te présentais des photos de moi, mais pas trop. Je t’ai dit où je travaillais, quelles étaient mes opinions politiques, religieuses. Je t’ai confirmé que j’étais bel et bien attirée par les hommes. Il m’arrivait à l’occasion de te faire des clins d’oeil, tout discrètement. Ensuite, avec tous tes contacts, j’ai pu retrouver des amis perdus de vue. Et avoir de leurs nouvelles. Ah! tu étais tellement beau, tellement nouveau, j’avais envie que tout le monde te connaisse! Alors j’envoyais des invitations à tout plein de gens pour qu’ils te découvrent… Je parlais de toi souvent, je voyais la vie en… bleu.

Une relation qui se développe…

Tranquillement, tu m’as fait connaître ta gang, les Apps. Chaque fois, tes amis me demandaient mon courriel, s’ils pouvaient prendre connaissance de mes infos personnelles. Je me disais que c’était tes amis. Alors j’ai dit oui. Il y en a un qui me proposait d’offrir des cadeaux à mes amis lors de leur anniversaire. Je le trouvais gentil. Quand il a commencé à me demander de payer, j’ai cessé de lui parler. Il y a eu l’autre aussi, ton ami barman qui me recommandait toujours un nouveau drink. Il me disait même que telle ou telle de mes amies aimait bien. Je le croyais. Mais j’ai cessé de boire un certain temps. Alors je ne l’ai plus vu… Mais je me rappelle ton ami, un ancien animateur de camp de vacances sans doute, celui qui avait parti une bataille de boules de neige, tu te souviens? Quel plaisir nous avions eu! Près de deux semaines, à relancer les collègues de travail, les amis. Tout ceci avait mis un baume sur l’hiver… C’était cute nos débuts quand même…

Et les années passent…

Depuis, tu m’as présenté plein de gens que j’ai pu apprendre à connaître. Enfin, ce qu’il laissait voir. Tu as changé quelques aspects de ton look, plusieurs fois même, mais tu restais somme toute attrayant. On a même commencé à travailler ensemble. Pas des partenaires d’affaire, mais plutôt une relation où je suis le client, où tu es le fournisseur. Je n’ai pas toujours été d’accord avec tes décisions, je te l’ai même dit ainsi qu’à tous mes amis. Mais comme une femme docile, j’ai finalement accepté. Pas tellement eu le choix, tu as tellement les mains longues : tu connais tout le monde, tu es avant-gardiste souvent. Je t’ai vu afficher tes couleurs un peu partout. Tu devais avoir besoin d’attention, d’amour sûrement, à vouloir entendre des J’aime la journée durant…

Et puis tu as commencé à me surveiller : à vouloir savoir où j’étais, avec qui. À me mettre en pleine face depuis combien de temps je connaissais telle ou telle personne et qui étaient nos amis et intérêts communs, à diffuser tout ce que je lisais, ce que j’aimais. Tu te servais même de mon téléphone pour glisser des messages à mes amis, leur envoyer des photos. Mais tu sais quoi? Tout ça je le savais, j’y contribuais moi-même… Et puis tu t’es mis à avoir la grosse tête, à me présenter des vedettes, à me suggérer chaque jour de devenir leurs amis… J’ai par contre accepté de fréquenter, avec toi (ou grâce à toi?), ceux que j’avais connus chez Twitter, le bar du coin ou la station de radio, je ne sais plus trop comment le définir, toi même ayant une relation ambiguë avec lui…

Vers où s’en va-t-on, mon amour?

Les années ont passé. On cohabite ensemble chaque jour. Tu es toujours là à mon réveil chaque matin. Parfois, tu dors plus longtemps que moi, mais je te fais signe en arrivant au bureau. On dîne ensemble à l’occasion. Et je termine mes soirées avec toi. Mais j’ai accepté de te partager avec tous ceux que tu connais. C’est la vie, faut croire… Est-ce ainsi que les couples durent? Tu es une de mes plus longues relations. Tu fais partie de ma vie. Je te déteste parfois, surtout quand tu laisses la porte débarrée sans m’avertir et que je dois passer derrière toi pour verrouiller, aussi quand tu permets à d’autres « amis » d’en savoir plus sur moi, sur ma vie (je peux leur sembler bête puisque je refuse chaque fois de leur laisser mon courriel), mais au fond, nous sommes liés mon amour. J’ai besoin de toi, tu as besoin de moi. Même si je te quittais, tu continuerais de me relancer, des mois durant, à laisser une trace de ta présence partout où je passe, à me tenter, en me mentionnant qu’on devrait se donner une deuxième chance. Sache que je t’aime. Pour combien de temps encore? Seul l’avenir le dira…

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Pour voir en diapo l’évolution de Facebook, je vous invite à suivre ce lien

 

 

 

 

 

J’ai publié une suite à ce billet, dans le même esprit : Google+ vs Facebook : entre les deux mon coeur balance

 

 

 

3 réflexions sur “Ah! Facebook, mon amour…

  1. Pingback: Google+ vs Facebook : Entre les deux, mon coeur balance… « Multiplicités

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