Égalité, équité et dignité

C’était les années 80. Je devais avoir 7 ans. Ma mère enseignante et ses autres collègues ont passé une longue période en grève.Je m’en souviens car je portais des corduroy verts avec des souliers fudge. On n’allait pas à l’école. À la place, on allait au Mail 170, dans un local vacant, il y avait un gros jeu gonflable et du jus McDo. J’avais les mains toutes tachées à force de dessiner avec des gros crayons feutres noirs. Des fois on était en dedans, des fois on allait dehors. C’était comme une grosse garderie pour les enfants qui n’avaient pas d’école. C’est ce que je pensais. Et puis à un moment donné, sûrement parce que j’ai dû poser des questions, maman m’a expliqué, dans des mots pour que je comprenne qu’elles « faisaient tout ça » pour avoir le droit de gagner la même quantité de sous que les hommes. Je ne comprenais pas pourquoi ce n’était pas déjà le cas. Je suis retournée jouer dans les jeux avec ma moustache orange de jus McDo.

Aujourd’hui, je comprends qu’elles se battaient principalement pour l’équité salariale, celle entre les femmes et les hommes, mais aussi entre les corps de métiers comparables.

Mon père, avant de faire de la politique municipale, il faisait du syndicat. Faire du syndicat, c’est plus que juste être dans le syndicat. C’est prendre position, c’est défendre ses droits. Du plus loin que je me souvienne, il a toujours défendu les droits des travailleurs.

À travail égal, salaire égal.

C’est une phrase, un principe qui fait partie intégrante de l’éducation que j’ai reçue. Il y a tant de significations dans ce slogan. Ça me dit : Fille, tu as le droit de choisir le travail que tu veux. Fille, tu as le droit de faire le même travail qu’un homme. Fille, tu as le droit d’avoir le même salaire qu’un homme qui fait le même travail que toi. Fille, laisse-toi pas marcher sur les pieds et bats-toi. Fille, fais-toi respecter pour ce que tu es.

Des femmes qui m’inspirent, il y en a tous les jours, pour différentes raisons. J’ai une admiration pour celles qui repoussent les limites, font fi des conventions, lancent leur entreprise, osent, se passionnent et défendent leur point de vue. Ceci dit, j’ai la même admiration pour les hommes qui posent les mêmes gestes.

Par contre, quand je vois des femmes malheureuses et coincées dans une relation abusive (professionnelle ou personnelle) parce qu’elles n’ont pas les moyens financiers de s’émanciper et de choisir, ça, ça me stimule le féminisme. Je suis à la fois triste et révoltée. Je me dis qu’il n’y a pas eu tous ces combats pour se retrouver au même stade qu’il y a 30 ans. Mais comme c’est encore présent, il fautcontinuer de parler de féminisme et agir pour l’égalité, l’équité et la dignité.

En cette Journée internationale du droit des femmes, je remercie ma mère et mon père de m’avoir transmis « les gênes » de la battante, de la graine de féministe pour que je puisse m’émanciper, non seulement en tant que femme, en tant qu’humain tout court.

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