Ma première vraie fois.

Un beau gars, voisin de mon casier, me faisait de l’oeil. Moi, la petite tomboy, avec pas vraiment de seins, un style à part et une tête forte, il y avait un beau gars qui me regardait! Comme j’aimais ma nouvelle école! Son ami avait mon amie dans sa mire. Elle aussi le trouvait de son goût. On finit par se parler. On se fait des sourires, il me dit que je lui plais. Wow, moi aussi j’ai le droit à « ça », comme la majorité des filles de mon âge. Quelques jours s’écoulent, on apprend qu’un nouveau 13-17, pour les plus vieux, plus pour les 15 ans, ouvre dans la ville voisine. Mon amie et moi décidons d’y aller. On se pomponne, on essaye nos rouges à lèvres Caroline et on se parfume au Exclamation. On part avec la bus de la ville. On sort en grande qu’on se dit.

Arrivées à destination, on est pas mal excitées. On dirait un vrai bar, mais pour lequel nous avons l’âge d’y être. On y croise d’autres amies. Nous sommes heureuses de nous retrouver, on danse, on boit des limonades et on mange des chips au ketchup. Ça fait à peine une heure que nous y sommes, que nos deux nouveaux prétendants arrivent en surprise! J’en suis toute énervée que le gars soit venu me voir dans mes affaires de filles. Il doit être intéressé pour vrai que je me dis.

On finit par se retrouver seuls dans une section pour les frencheux. On s’embrasse, il me dit que je suis belle, je lui réponds qu’il a des beaux yeux. J’en reviens pas encore qu’un super beau gars s’intéresse à moi. Il m’embrasse dans le cou, j’ai l’impression qu’il me fait une sucette. Je me dis en dedans de moi que c’est con de faire ça à une fille, mais que ça doit être de même que ça marche quand un gars t’intéresse, alors je me laisse faire priant le Bon Dieu pour pas que ça paraisse. Il me flatte l’épaule, me caresse le sein (ce sein que je n’ai à peu près pas), je bouge un peu pour changer le mal de place. « Fais-toi z’en pas, c’est correct! ». Un peu gênée, mais je ne veux pas paraître niaiseuse, je lui réponds que je ne veux pas devant le monde (ce qui n’est pas tout à fait faux). Il me propose d’aller dans un coin plus sombre, je prétexte une envie de pipi.

On danse, on rigole, les gars et les filles ensemble. On repart chacun de notre côté, non sans s’échanger nos numéros de téléphone. Comme j’ai passé une belle soirée! Ce flirt naissant me rend fébrile et me fait sentir spéciale. Mon amie et moi n’arrêtons pas de parler dans l’autobus du retour avec nos voix d’ado en extase. On se couche le sourire aux lèvres…

Le lendemain matin, il me rappelle. C’est lui qui m’appelle! C’est vraiment hot! On convient que j’aille chez lui en après-midi. Ses parents seront là, mais on pourra écouter de la musique dans le sous-sol. Je choisis mes plus beaux pantalons, le plus beau chandail de mon père qui fait jeune, un peu straight, pas trop excentrique comme le reste de mes vêtements. Je choisis mes sous-vêtements aussi. Mon seul kit pas trop sport. Je me dis si jamais ça se rend aux sous-vêtements, au moins, j’aurai l’air d’une vraie fille qui a de l’allure.

Nous voilà en après-midi. Je salue ses parents, on descend au sous-sol, on écoute de la musique dans sa chambre. Je capote parce que ma mère ne me laisserait jamais toute seule avec un gars dans ma chambre. Je me sens sur un gros nuage, à la fois délinquante et passionnée… On s’embrasse à l’abri des regards, on se caresse.  Il enlève mes vêtements. Je me félicite d’avoir eu la pensée de choisir mes sous-vêtements. Il me caresse les seins, glisse vers mon clitoris. J’aime la sensation de chaleur. Je n’ai pas été tellement loin dans mes aventures sexuelles dans ma vie : du frenchage, un peu de nudité, un doigt aventureux à quelques reprises, mais pas très très poussé, je le sais maintenant que je suis grande. Il baisse ses pantalons, ses boxers. Il tente de me pénétrer. Je le repousse doucement. Je lui dis que je ne veux pas.

– Enwoye donc.
– Non, je ne veux pas faire l’amour.
– Pourquoi?
– Parce que je t’ai connu hier seulement!
– Mais on est bien là ensemble…non?

Et toujours son pénis pénètre de plus en plus creux dans mon vagin.

– Arrête que je te dis.
– Laisse-toi aller.
– Non, ça fait trois fois que je te le dis.
– Mais je pensais que tu étais venue pour ça.
– Non, je suis pas une fille de même. La première fois que je veux faire l’amour, je veux que ce soit avec mon chum. Et avec un condom.
– C’est ta première fois? T’aurais dû me le dire…
– Ben c’est parce qu’on n’a pas eu vraiment l’occasion d’en parler, on s’est connus hier, tsé. Et de toute façon qu’est-ce que ça aurait changé?

Il a tenté tant bien que mal de me rassurer, j’avais juste envie de sacrer mon camp. J’ai appelé mon père pour qu’il vienne me chercher. Je suis restée silencieuse dans l’auto, disant que j’avais mal au ventre. Je n’avais pas mal au dessus du ventre, j’avais mal à la peau intérieure de mon ventre. J’ai pris un bain en arrivant pour me « dessouiller ». À 4h l’après-midi.

La première fois, j’avais 15 ans.

Je ne l’ai jamais considérée comme MA première fois. Je ne voulais pas que la honte, l’humiliation, l’incompréhension et le fait que je n’avais pas voulu, surtout pas voulu que ça se passe de même, soit mon premier souvenir de relation sexuelle.

MA première vraie fois, j’avais 16 ans. Avec mon chum, avec qui ça a duré presqu’un an. Avec qui j’ai gardé une relation amicale. À qui je parle encore. Avec qui je suis allée souper cet été, 25 ans plus tard, avec toujours le même grand plaisir de le revoir.

 

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